Crop steering : ce que le dryback fait vraiment à la plante

Les manuels de crop steering vous disent d’induire un déficit hydrique et affirment qu’on manipule ainsi les réponses hormonales de la plante. Aucun ne dit lesquelles. Voici ce qui se passe réellement quand un dryback coupe le stretch, pourquoi ce n’est pas la gibbérelline qui est en cause, et pourquoi une valeur cible ne remplacera jamais la lecture de la plante.

Le crop steering, une pratique sans explication

Les manuels de crop steering décrivent tous la même chose, le génératif consiste à induire un déficit hydrique intentionnel, et on manipule ainsi les réponses hormonales de la plante. Aucun ne dit lesquelles. On y trouve des pourcentages de dryback, des cibles d’EC substrat, un découpage de la journée en phases, et le mot hormone employé comme un fond de décor. La méthode est vendue sans que le capot soit jamais ouvert.

Les mêmes manuels notent au passage qu’un petit dryback donne des plantes plus hautes et un gros dryback des plantes compactes. Le constat est juste, mais personne ne vous dit par quel chemin ça passe.

Chacun bouche le trou comme il peut, et l’intuition qui vient naturellement est que le dryback inhibe les gibbérellines, ce qui expliquerait qu’il coupe le stretch. C’est faux, et savoir pourquoi change des décisions concrètes.

Je cultive des NLD CBD, qui étirent beaucoup et qu’on travaille donc en génératif marqué dès le départ et longtemps. Avec ce genre de génétique, comprendre par quel mécanisme le dryback bride réellement l’élongation ne relève pas de la théorie décorative.

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Une question de pression

Une cellule végétale s’allonge parce que l’eau qu’elle contient pousse sur sa paroi. Les gibbérellines et l’auxine assouplissent cette paroi et lui permettent de céder, mais elles ne poussent pas. La poussée vient de la turgescence, c’est-à-dire de la pression hydrostatique interne. James Lockhart a formalisé ça dès 1965, l’expansion cellulaire ne démarre que si la turgescence dépasse un seuil de résistance de la paroi, et sa vitesse dépend ensuite de l’écart entre les deux.

Un dryback marqué fait chuter la turgescence. La gibbérelline est toujours là, la paroi est prête à s’assouplir, mais il n’y a plus assez de pression derrière pour l’étirer. L’élongation ralentit sans qu’aucune hormone n’ait été inhibée.

Pourquoi la nuance compte

Si le génératif marchait en supprimant la synthèse de GA, l’effet mettrait des jours à se dissiper après correction. Comme il marche par la pression, l’effet est immédiat et réversible dans la journée. C’est exactement ce qu’on observe, une table qu’on ramène en végétatif reprend son élongation en deux ou trois jours, pas en deux semaines.

Un levier agit bien sur la gibbérelline, cela dit, mais ce n’est pas l’eau, c’est la température. Le DIF, l’écart entre température de jour et température de nuit, sert depuis longtemps en horticulture ornementale à compacter sans régulateur de croissance. C’est le DIF négatif qui compacte, jour plus frais que la nuit, et il abaisse réellement les taux de gibbérellines actives. Appliquer de l’acide gibbérellique sur une plante conduite ainsi lui rend son élongation, alors que sur une plante bridée par un dryback il n’y aurait toujours pas la pression pour l’étirer. En floraison cannabis, on fait l’inverse, nuit plus fraîche que le jour, donc du DIF positif, celui qui allonge.

Feuillage turgescent d'une NLD CBD avant le premier arrosage, crop steering en coco
Pétioles fermes, limbes tenus à plat, aucun affaissement. C’est ça, la turgescence, et c’est ce qu’on regarde le matin avant le premier arrosage.
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L’acide abscissique, l’hormone du crop steering

L’hormone qui monte vraiment sous déficit hydrique modéré est l’acide abscissique. Elle ferme les stomates, réduit la transpiration, freine la photosynthèse et réoriente les sucres disponibles vers les organes qu’elle privilégie.

Le fait que personne n’en parle tient sans doute à ce que l’ABA n’a pas de produit à vendre associé. Les gibbérellines ont leurs inhibiteurs commerciaux, l’éthylène a ses bloqueurs argentés, l’ABA n’a rien. Deux leviers la font monter volontairement, le dryback et le stacking d’EC dans le substrat.

Ces deux-là ne sont d’ailleurs pas si différents qu’ils en ont l’air. Un dryback rend l’eau moins disponible parce qu’il en reste moins dans le substrat. Le stacking d’EC obtient le même résultat autrement, en abaissant le potentiel osmotique de la solution : l’eau est toujours là, mais la plante a plus de mal à la tirer. Deux chemins, un seul aboutissement, un déficit hydrique au niveau de la plante. Le VPD arrive par l’autre bout, en augmentant ce qu’elle perd par transpiration, mais ce n’est pas un levier de pilotage. On cherche au contraire à le tenir dans sa fenêtre, et on ne subit son effet génératif que lorsqu’il échappe au contrôle.

Tout le vocabulaire P1, P2, P3 que le cannabis a récupéré vient du maraîchage sous serre, tomate et concombre, où ce modèle tourne depuis les années 80 avec des décennies de données derrière. La logique de fond se transpose bien, avec un temps végétatif, puis une poussée générative au moment où les sites se mettent en place, nouaison d’un côté, stretch de l’autre, puis retour au végétatif pour remplir. La tomate ayant des cycles de floraison et de fructification indéterminés, elle refait ce cycle à chaque nouvelle nouaison, là où le cannabis ne le fait qu’une fois.

Les tableaux cannabiques restent d’ailleurs très proches de leurs modèles maraîchers. Les valeurs ont quand même été retravaillées par observation directe sur cannabis, en particulier sur le génératif de stretch et sur le stacking d’EC dans le substrat. Ce qui se transpose est la logique, ce qui demande d’être revérifié à chaque fois reste les chiffres.

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Le végétatif en bulk, le même levier dans l’autre sens

Maintenir un VWC haut avec des apports fréquents garde la turgescence élevée en permanence. Le VWC, teneur en eau volumique, est la part du volume de substrat occupée par de l’eau à un instant donné ; sa valeur maximale après ressuyage est la capacité au champ, et c’est de ce plafond qu’on parle quand on dit qu’un P2 ramène le substrat près de la field capacity. Tant qu’on reste près de ce plafond, la paroi cède, les entre-nœuds s’allongent, la surface foliaire augmente. L’ABA reste basse, les stomates restent ouverts, la plante consomme et construit de la structure.

D’où la règle qui déroute les gens qui débutent, en végétatif on n’arrose pas plus fort, on arrose plus souvent. La différence est réelle, parce qu’un gros apport espacé laisse le substrat sécher entre deux, donc laisse la turgescence redescendre, donc envoie un signal génératif malgré un volume journalier identique. La plante ne lit pas le total de la journée, elle lit la pression à chaque instant.

En bulk, à partir de la fin du stretch et jusqu’à la fin du cycle, l’architecture est figée et le nombre de sites floraux est arrêté. Le travail qui reste n’est plus d’en créer mais de les remplir. Et remplir un site floral, mécaniquement, c’est la même chose qu’allonger une tige, les bractées et les calices grossissent par expansion cellulaire, donc par turgescence, exactement selon le mécanisme de Lockhart décrit plus haut.

Un dryback profond pendant cette phase coûte donc deux fois. Il coupe l’expansion des bractées, qui est la première chose à s’arrêter quand la pression tombe. Et il fait monter l’ABA, qui ferme les stomates, ce qui plafonne la fixation de carbone pour la journée. Moins de pression pour gonfler les fleurs et moins de sucres pour les remplir, deux effets qui se cumulent tous les jours pendant de nombreuses semaines.

À retenir

Un dryback génératif appliqué au mauvais moment ne fait pas des fleurs plus denses, il fait des fleurs plus petites. Le génératif sert à décider combien de sites et à quelle distance ; le végétatif sert à décider de leur taille. Se tromper de phase revient à optimiser une chose au prix de l’autre.

L’erreur inverse existe aussi, et elle est plus fréquente qu’on ne croit. Un végétatif trop mou, tenu trop longtemps, relance la croissance foliaire au milieu des têtes. Les fleurs deviennent aérées et feuillues, la canopée s’épaissit, l’humidité stagne à l’intérieur des têtes, et le botrytis n’attend que ça. On gagne du volume apparent et on perd en densité, en propreté, et parfois toute une récolte.

Le bulk n’est donc pas un interrupteur mais un curseur qu’on déplace. Je tiens le végétatif tant que les fleurs prennent visiblement du volume, et je surveille l’apparition de feuilles nouvelles dans les têtes comme signal que je suis allé trop loin.

Attention ici à deux mots que le vocabulaire courant mélange. Le bulk est une phase de développement, celle où les fleurs se remplissent. Le végétatif est un mode de pilotage. Sur une vraie NLD, le bulk dure souvent jusqu’à la récolte, les fleurs prennent encore du volume dans les derniers jours. Ça ne veut pas dire qu’on reste en pilotage végétatif jusqu’au bout.

Le génératif de fin de cycle ne sert pas seulement à finir sec et propre. Il pousse aussi la plante à finir, ce qui est cohérent avec ce qui précède, puisque l’ABA est aussi une hormone de sénescence, accentuer le déficit hydrique sur une plante qui traîne accélère réellement la fin de floraison. C’est un génératif doux en revanche, rien à voir avec celui du stretch, beaucoup plus marqué.

D’où une durée qui va à l’envers de l’intuition. Sur les NLD longues, celles qui fleurissent quatorze semaines et plus et qui n’en finissent pas, je tiens le génératif deux à trois semaines. Sur des hybrides Haze plus dociles, sur les BLD et sur les hybrides de huit à douze semaines, une à deux semaines suffisent.

Une grille calée sur huit semaines se transpose mal sur une plante qui en fait dix-huit.

Sonde Acclima TDR installée dans un pot de coco, télémétrie Growlink
La sonde mesure le substrat, pas la plante. Ça suffit en végétatif, pas en génératif.
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Ce qui se passe au passage en 12/12

Le déclencheur n’est pas hormonal. Ce sont les phytochromes, principalement PhyB, qui mesurent le rapport rouge sur rouge lointain et surtout la durée de nuit ininterrompue. C’est la nuit qui compte et non le jour. Une fuite de lumière de quelques minutes remet le compteur à zéro, et c’est la raison pour laquelle l’obscurité totale n’est pas négociable.

Une fois le seuil franchi plusieurs nuits d’affilée, le gène FT s’exprime dans les feuilles, sa protéine migre vers les méristèmes apicaux et déclenche la transition florale. En aval, le régime hormonal change. Le pic de GA et d’auxine des premières semaines de floraison produit le stretch, puis les GA retombent et l’élongation s’arrête d’elle-même. Le rapport auxine sur cytokinine se réorganise, les méristèmes passent d’un programme indéterminé à un programme déterminé, et l’architecture se fige.

C’est pour ça que tout le travail de mise en forme, taillage global compris, doit être fini avant le switch ou dans les tout premiers jours. Après, la plante ne réorganise plus grand-chose, elle exécute. Le milieu cannabique a résumé ça en une règle des 21 jours, toute taille avant le vingt et unième jour de floraison. Sur une NLD qui étire deux mois, la règle ne veut plus dire grand-chose.

La durée du stretch, elle, n’a rien d’universel. Deux à trois semaines sur une variété rapide, jusqu’à deux mois sur une vraie NLD. C’est la première raison pour laquelle un calendrier en numéros de semaine ne veut rien dire, la semaine 5 est en plein bulk sur un hybride court et encore en plein stretch sur une NLD.

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Le raccourci sur l’éthylène

Le génératif est bien du stress contrôlé, et on est donc tenté de chercher le mécanisme du côté des hormones de stress. Comme tout le monde sait par ailleurs que le stress produit des hermaphrodites, il ne reste plus qu’à relier les deux, stress, éthylène, bananes.

Ce raccourci ne tient pas, parce que chez le cannabis l’éthylène féminise. Bloquer son action masculinise, et c’est exactement le principe du thiosulfate d’argent que beaucoup d’entre nous utilisent pour faire des féminisées. Les gibbérellines, elles, masculinisent. L’hormone que le raisonnement intuitif accuse est donc celle qui va dans le sens inverse.

Une prépublication de fin 2024 va plus loin, le gène ACS, qui contrôle la production d’éthylène, serait porté par le chromosome X. Une plante à deux X produit donc plus d’éthylène qu’une plante XY, qui bascule mâle par défaut. Si ça se confirme, le sexe du cannabis se joue sur un dosage d’éthylène lié au X, pas sur un interrupteur situé sur le Y.

J’ai détaillé ce mécanisme et ses conséquences sur la stabilité sexuelle des lignées modernes dans mon article sur l’importance des mâles en breeding. Le fond génomique, chromosomes sexuels, locus PAR et chemotypes, est traité dans celui consacré à la génétique du cannabis.

Ce qu’on ne sait pas

Le constat de terrain est solide, les perturbations de photopériode, les nuits interrompues et les épisodes de froid augmentent l’apparition de fleurs staminées sur des plantes femelles, c’est documenté depuis longtemps. La chaîne causale entre les deux ne l’est pas. Une prépublication de 2025 sur les réponses à l’éthylène chez le cannabis écrit que les mécanismes moléculaires de la plasticité sexuelle restent mal compris, et une revue parue dans Plants en 2026 décrit un modèle à plusieurs niveaux, dépendant du contexte, où le génotype, le stade de développement et la nature du traitement interagissent. La sensibilité au stress est d’abord une affaire de lignée.

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La fenêtre à surveiller

Le stretch est le moment où la détermination sexuelle est la plus malléable. Le système hormonal est en transition, le programme floral n’est pas encore verrouillé, et c’est là que les accidents s’expriment.

Or c’est aussi la période où la méthode veut qu’on pilote en génératif, donc avec les drybacks les plus profonds du cycle. Les deux se superposent, et il faut le savoir.

Ce n’est pas une raison pour abandonner le génératif en stretch. Un dryback conduit, régulier, prévisible, n’a rien à voir avec les stress documentés comme inducteurs, nuits interrompues ou coups de froid. La distinction qui compte n’est pas entre stress et absence de stress, un dryback est un stress par définition et c’est même tout son intérêt. Elle est entre le stress dosé et le stress subi. Le premier suit une courbe qu’on a choisie, la plante s’y installe et le feuillage reste turgescent le matin. Le second arrive par accident, un goutteur bouché, une pompe qui ne démarre pas, une canicule qui double la demande, une coupure de courant qui décale toute la nuit.

À retenir

Un incident d’irrigation en période de stretch coûte beaucoup plus cher qu’un incident identique en bulk, et mérite d’être traité avec plus d’urgence. C’est le genre de hiérarchie qu’on n’a pas quand on croit que le génératif est une inhibition hormonale.

NLD en semaine 5 de floraison, stretch toujours en cours
Semaine 5 de floraison d’une NLD. Le programme floral n’est pas encore verrouillé, c’est la fenêtre où un accident d’irrigation coûte le plus cher.
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Ce que ça change concrètement

Trois réflexes, aucun ne se résume à un nombre.

En génératif, le juge de votre dryback est le feuillage au petit matin, pas le chiffre sur le capteur ni l’aspect du substrat. Un substrat qui a l’air sec avec des feuilles droites et turgescentes, c’est un génératif réussi. Un substrat correct avec des feuilles molles, c’est un problème qui n’est pas dans le pot. En végétatif, l’équilibre s’inverse. La sonde fait presque tout le travail puisqu’il s’agit de tenir le substrat près de la capacité au champ, et l’œil sert surtout à surveiller ce qu’elle ne verra jamais, l’humidité qui s’installe au cœur des têtes et la santé générale de la plante. Les deux sont complémentaires, c’est leur poids respectif qui change.

Le climat ambiant fait partie du jeu. La turgescence dépend de ce que la plante perd par transpiration autant que de ce qu’elle prend dans le substrat. Un VPD trop élevé produit un effet génératif que vous n’avez pas programmé, et aucun réglage d’arrosage ne le rattrapera. À un moment, le levier n’est plus l’eau, c’est la température et l’humidité.

La fréquence prime sur le volume, un même total journalier ne donne pas le même résultat selon qu’il arrive en quatre apports ou en douze.

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Là où je n’ai pas de chiffre

Ce qui varie le plus d’une lignée à l’autre, ce n’est pas la tolérance au dryback, c’est la tolérance à l’EC. Mes NLD CBD encaissent très bien un dryback profond. En revanche elles décrochent vite dès que l’EC monte, et c’est pour ça que je les cultive avec un programme nutritif plus bas que la moyenne. À partir de quelle valeur exactement ça bascule, je ne peux pas vous le dire, j’ai établi ce programme en observant les plantes plutôt qu’en mesurant un seuil.

Les grilles chiffrées qui circulent viennent en majorité de laine de roche, sur des génétiques commerciales à cycle court, souvent avec enrichissement en CO2. Le coco se comporte différemment, retient moins d’eau disponible, et sa capacité d’échange cationique complique la lecture de l’EC. Sur une Haze, reprendre ces grilles telles quelles, en particulier leurs EC de 2,5 ou 3, revient à brûler une plante qui aurait parfaitement encaissé le dryback qui va avec.

La valeur cible n’est pas le but. Un chiffre de dryback décrit ce que la plante est en train de vivre, il ne vaut que pour un substrat, une génétique et un climat donnés. En stretch je ne vise aucun dryback chiffré et je stacke modérément, sans jamais aller jusqu’au tip burn. Ce que je regarde à la place, c’est la turgescence du matin, la vitesse à laquelle les fleurs prennent du volume, l’apparition de feuilles dans les têtes.

La vibe,
JGL

Lexique du crop steering

Crop steering
Pilotage de la plante vers un mode végétatif ou génératif en jouant sur l’irrigation, l’EC, le climat et la lumière. Le terme vient du maraîchage sous serre.
Génératif (generative)
Mode de pilotage qui oriente l’énergie vers la reproduction. Obtenu par des drybacks profonds et une EC substrat élevée. Compacte la plante et resserre les entre-nœuds.
Végétatif (vegetative)
Mode de pilotage inverse, qui oriente l’énergie vers la croissance et l’expansion. Obtenu par des apports fréquents qui maintiennent le substrat près de la capacité au champ.
Dryback
Chute du taux d’humidité du substrat entre le pic après irrigation et le point bas avant l’irrigation suivante. Exprimée en points de VWC ou en pourcentage de la capacité au champ. C’est le levier central du crop steering.
VWC (volumetric water content)
Teneur en eau volumique. Part du volume de substrat occupée par de l’eau à un instant donné, en pourcentage. C’est ce que mesure une sonde d’humidité substrat.
Field capacity, capacité au champ
Valeur maximale de VWC qu’un substrat retient après ressuyage complet. Propre à chaque substrat et à chaque contenant, elle se mesure et ne se devine pas. Elle baisse au cours du cycle avec la colonisation racinaire.
Runoff, drain
Volume qui ressort par le bas du pot pendant l’irrigation. Sert à renouveler la solution dans le substrat et à contrôler l’accumulation de sels.
P0, P1, P2, P3
Découpage de la journée d’irrigation. P0 : de l’allumage au premier arrosage. P1 : montée progressive jusqu’à la capacité au champ. P2 : arrosages de maintien qui compensent la baisse entre deux apports. P3 : dryback pur, aucune irrigation jusqu’au P1 du lendemain.
Shot
Un arrosage unitaire, dimensionné en volume ou en durée. Le crop steering raisonne en nombre et en taille de shots plutôt qu’en volume journalier.
Stacking (EC stacking)
Montée volontaire de l’EC dans le substrat, obtenue en réduisant le runoff ou en concentrant la solution nutritive. Utilisée en stretch pour renforcer le signal génératif.
EC (electrical conductivity)
Conductivité électrique, indicateur de la concentration en sels d’une solution ou d’un substrat. À ne pas confondre, l’EC de la solution nutritive et l’EC mesurée dans le substrat n’ont ni la même échelle ni la même signification.
Tip burn
Brûlure de l’extrémité des folioles, signe d’un excès de sels dans la zone racinaire. Sert de limite haute quand on pousse le stacking.
Stretch
Phase d’élongation qui suit le passage en floraison. Deux à trois semaines sur une variété rapide, jusqu’à deux mois sur une NLD.
Bulk
Phase de remplissage des fleurs, après le stretch.
DIF
Écart entre la température de jour et celle de nuit. Un DIF négatif, jour plus frais que la nuit, réduit l’élongation des entre-nœuds en abaissant les gibbérellines actives. C’est un levier d’horticulture ornementale, peu praticable en floraison cannabis.
VPD (vapor pressure deficit)
Déficit de pression de vapeur, mesure de la force avec laquelle l’air tire l’eau hors de la plante. Combine température et humidité en une seule valeur.
Turgescence
Pression exercée par l’eau contenue dans la cellule sur sa paroi. C’est elle qui fournit la force d’expansion, aussi bien pour allonger une tige que pour gonfler une bractée.
NLD, BLD
Narrow leaflet drug type et broad leaflet drug type. Classification par la morphologie foliaire, plus précise que le raccourci sativa et indica.

Sources et références

  • Lockhart J.A. (1965). An analysis of irreversible plant cell elongation. Journal of Theoretical Biology 8(2):264-275
  • Shibuya T. et al. (2020). Difference Between Day and Night Temperatures Affects Stem Elongation in Tomato Seedlings via Regulation of Gibberellin and Auxin Synthesis. Frontiers in Plant Science. PMC7752778
  • Punja Z.K. & Holmes J.E. (2020). Hermaphroditism in Marijuana (Cannabis sativa L.) Inflorescences. Frontiers in Plant Science 11:718. DOI: 10.3389/fpls.2020.00718
  • Lubell J.D. & Brand M.H. (2018). Foliar sprays of silver thiosulfate produce male flowers on female hemp plants. HortTechnology 28(6):743-747
  • (2026). Hermaphroditism in Cannabis sativa L.: Impacts, Inducers, and Industry Implications. Plants 15(11):1643. DOI: 10.3390/plants15111643
  • (2026). Anatomical and Ontogenetic Basis of Silver Thiosulfate-Induced Masculinization in Genetically Female Cannabis sativa. Plants 15(14):2153. DOI: 10.3390/plants15142153
  • Sex determination genes in Cannabis sativa are not located on the Y chromosome. bioRxiv, prépublication 2024. biorxiv.org/content/10.1101/2024.12.09.627636v2
  • Sex-Specific Ethylene Responses Drive Floral Sexual Plasticity in Cannabis. bioRxiv, prépublication 2025. DOI: 10.1101/2025.06.03.657661

Pour prolonger : l’importance des mâles en breeding cannabique traite de la stabilité sexuelle et du locus PAR, la génétique du cannabis couvre les chemotypes et les terpènes, et l’article sur le HLVd détaille le pathogène qui profite le plus des plantes fragilisées.

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