20 ans de breeding : de Underground Seeds à JGL-USC

Je m’appelle JGL pour Jahgreenlabel et je fais du breeding cannabique depuis plus de 20 ans. De mes premiers croisements au début des années 2000 à la création de JGL-USC en 2025, voici l’histoire d’un parcours qui s’est construit lentement, au gré des plantes et des gens que j’ai croisés.

Les débuts : un mâle Durban oublié

Tout a commencé par accident, il y a plus de 20 ans. On cultivait à plusieurs, entre amis, et un plant mâle oublié dans un espace de production a tout grainé. Une récolte foutue. Plutôt que de tout jeter, on a mis ces graines à germer pour voir.

Ce mâle venait d’une lignée arrivée tout droit d’Afrique du Sud, une Durban, une sativa landrace réputée. Plusieurs clones femelles qu’on gardait depuis des années se sont retrouvés fécondés au passage. On a donc démarré avec un batch de graines du mâle Durban croisé sur un clone de Citral, qu’on aimait bien pour son effet et ses saveurs marquées.

De ce lot est sorti un clone qui ne ressemblait à rien de ce qu’on connaissait : des saveurs atypiques, une puissance à part. On l’a surnommé « Acide ». À Amsterdam, on l’a fait goûter à quelques pros, dont un patron de coffeeshop qui a pris, selon ses mots, « la claque de sa vie ». Ce clone tourne encore par chez moi aujourd’hui.

C’est de là qu’est venue l’envie de faire du breeding, et le nom qui va avec : Jahgreenlabel. Une façon de ne pas oublier que les premières graines, c’est le dieu nature qui me les a données.

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Underground Seeds Collective

En 2010, j’ai rejoint Underground Seeds Collective, une banque de graines que Braindead avait fondée un an plus tôt. L’occasion de mettre un cadre sur ce qui n’était qu’une passion jusque-là. Cristalin nous a rejoints en 2011. Braindead s’est ensuite tourné vers d’autres horizons, et on a continué à faire vivre le collectif avec Cristalin : lui sur les indicas BLD, moi sur les sativas NLD.

Pendant ces années, j’ai sorti une vingtaine de variétés cultivées un peu partout dans le monde : Durganchitral, Amnesia IBL, Afghanchitral, DoubleJam, Coljam, Nepalma, Zamalmystik, Zamal CBD, Colombian Gold 72′, Senegal… Mais l’essentiel de mon travail est resté privé, en collaboration avec le Vibes Collective, sur la préservation de landraces.

Ma façon de voir le breeding, je l’ai aussi mise par écrit à l’époque. Ces articles sont aujourd’hui republiés sur le blog :

Mes projets futurs seront principalement tournés vers des strains high CBD ainsi que des landraces. Dans un premier temps la Zamal CBD verra le jour, certainement dans peu de temps, puis d’autres viendront. — Interview Alchimia, 2015
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Les collaborations professionnelles

J’ai eu la chance de bosser avec des références du breeding international : Cannabiogen, Tropical Seeds Company, et bien sûr Underground Seeds Collective. Chacune m’a fait progresser et m’a permis de toucher une communauté bien au-delà de mes frontières.

J’étais aussi membre du Vibes Collective, un forum privé qui réunissait des growers du monde entier autour de la conservation des landraces. Une belle époque. Pas mal de génétiques rares ont été sauvées grâce à ce travail collectif. La Zamal CBD que je vends aujourd’hui sur JGL-USC repose d’ailleurs sur une lignée Mauritius préservée par ce collectif.

En 2015, j’ai présenté mes travaux à la Spannabis, aux côtés de la famille Tropical Seeds. Pouvoir discuter directement avec les gens qui font vivre cette passion, ça reste un des grands moments de mon parcours.

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La transition vers le CBD

Avec le temps, j’ai pris du recul. Le marché évoluait, et pas toujours dans le sens qui me parlait. Les génétiques se standardisaient, les profils aromatiques se ressemblaient de plus en plus, et la course au THC écrasait tout le reste. J’avais l’impression qu’on perdait en route ce qui faisait l’intérêt de la plante.

En 2026, mon passage comme juge à la Platinium CBD Cup a fini de me convaincre. Le CBD suit la même pente que le marché cannabique classique : une uniformisation des profils, et de moins en moins de typicité.

C’est ce constat qui a lancé JGL-USC.

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JGL-USC : la nouvelle aventure

JGL-USC, c’est vingt ans de breeding pro que je remets dans un projet perso. Une démarche artisanale assumée, dans le cadre légal de la filière chanvre française (CBD < 0,3 % THC, arrêté du 30 décembre 2021).

Aujourd’hui, je travaille sur trois fronts.

Des clones élites d’antan

Gardés depuis des années, parfois des décennies. Ce qu’on appelle dans le milieu des « keepers » : ces plantes qu’on ne lâche pas, parce qu’on sait qu’on ne les retrouvera nulle part ailleurs.

Des souches landrace et oldschool

La mémoire du chanvre avant son industrialisation. Des profils complexes qu’on ne reproduit plus, soit parce qu’ils traînent trop en floraison, soit parce qu’ils ne rentrent pas dans les cases commerciales d’aujourd’hui.

Des génétiques modernes

Pour les amateurs de Cali, pas d’impasse non plus. Je les sélectionne avec la même exigence que le reste, en cherchant les phénotypes qui ont vraiment quelque chose à dire plutôt que le standard du moment.

Ces choix prennent forme dans mes premières sélections : Goat Butter, Demi Glaze, Juanita, CBD#1, Strawberry Doughnuts, Dancehall, Mango Hazeling, et la Zamal CBD en graines. Chacune a son histoire et son caractère.

Et bientôt, retour aux sources avec la Nepalma type 3 (high CBD). Je l’ai créée en 2011 à partir des landraces Panama Red Hair × Nepal Indica, puis stabilisée sur 3 générations consanguines avant sa sortie en 2013 chez Underground Seeds Collective et distribués par Sannies Seeds et Cannabisonline, puis chez Alchimia en 2015 entre autre. La même année, j’avais aussi développé une version type 2 (ratio THC/CBD 1:1) que j’avais choisi de distribuer gratuitement, par conviction. Plus de dix ans après, la Nepalma boucle la boucle avec sa déclinaison type 3, en chanvre français cette fois. Certainement la première type 3 100 % française. Une histoire de fidélité à une plante. Dispo sur le site dans 2 à 3 mois.

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Une démarche scientifique assumée

Le breeding ne peut plus tenir à la seule intuition. Les recherches récentes sur la génétique du cannabis sont venues confirmer une bonne partie de ce que je faisais déjà à l’instinct, et y mettre des mots. J’y ai consacré deux articles de fond sur le blog :

  • 🧬 L’importance des mâles en breeding cannabique : pourquoi je continue à travailler en graines régulières alors que tout le marché s’est tourné vers le féminisé. Locus PAR, chromosome Y, et goulot d’étranglement génétique.
  • 🦠 HLVd, ce qu’un grower doit savoir : 40 ans d’histoire dans le houblon, 6 ans pour devenir une pandémie sur le cannabis. Biologie du viroïde, transmission, prévention, tests laboratoire.

Ce sont des sujets qui engagent vraiment ma pratique : ce qui menace la filière, et ce qui oriente mes décisions de breeder.

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Demain

Le projet ne s’arrête pas à la vente de fleurs. En parallèle, je travaille sur un programme de recherche et développement variétal, avec l’idée d’inscrire à terme de nouvelles variétés au catalogue européen des semences. C’est la suite logique de vingt ans de breeding.

JGL-USC n’est pas une boutique de plus. C’est le prolongement d’un parcours, et l’envie de proposer autre chose.

Apporter un nouveau souffle, plus oldschool. C’est ce qui guide mes récoltes et mes sélections.

Merci d’avoir lu ce parcours. Pour découvrir mes fleurs, rendez-vous sur la boutique. Et pour la suite, repassez de temps en temps : je vais parler des phénotypes de Nepalma, du programme variétal européen, et de pas mal d’autres choses.

La vibe,
JGL

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